De l'argent pour tous

Et si, chaque mois, vous receviez de l'argent sans aucune contrepartie ? Assez d'argent pour manger, boire, vous loger, vous vêtir, vous chauffer ? Que feriez vous ?
Cette question de distribuer un revenu permettant une vie digne ne date pas d'hier, mais aujourd'hui il s'agit d'une option économique parfaitement abordable aux conséquences positives nombreuses.

Principe

Définition

Le revenu de base (RDB), ou revenu d'existance, ou encore revenu de vie est une somme d'argent distribuée sans contrepartie et suffisante pour couvrir tous les besoins de base d'un être humain. Le montant dépend directement du coût de la vie de l'endroit où vit l'individu en question.
Le RDB est à distinguer du revenu universel (RU) ou revenu inconditionnel, c'est à dire une somme d'argent que l'on verse à tous les membres de la communauté de façon égale, sans distinction. Le RU existe déjà en Alaska par exemple où chaque personne reçoit environ 1000 dollars par an, une rente directe de la vente du pétrol. Ce RU n'est pas un RDB car le montant n'est pas suffisant pour couvrir les besoins de base dans cette partie du monde.
Habituellement un RDB est entendu comme RU, mais ce n'est pas systématique, un RDB peut très bien être conditionnel. A l'inverse le RU est rarement exprimé comme un RDB car ce n'est pas l'objectif.

Philosophie

Le principe du RU se base essentiellement sur la justice sociale. Les infrastructures, les découvertes, la terre et les richesses qui en découlent sont un héritage commun qu'il convient de répartir entre tous les individus.
Le principe du RDB est un nouveau droit humain, considérent qu'aucun individu ne devrait se soucier de sa survie. Ce principe change complètement le rapport au travail, puisqu'il n'y a plus aucune contrainte. Toutes les activités deviennent choisies.
Le travail ne se base plus sur la contrainte, mais sur la confiance.
Les conséquences psychologiques, économiques, sociétales du RDB sont nombreuses.

Wall-E, notre futur

En matière d'automatisation l'humanité vivra, un jour, dans un monde où les robots seront capable de tout faire. En fait, nous avons déjà un pied dedans, les robots ont déjà remplacé les métiers les plus répétitifs, et leurs capacités iront toujours plus loin. La dernière prouesse des robots : couper des haricots avec un katana dans le sens de la longueur[1] ou conduire les camions[2]. Cette avancée des robots-pilotes aura dans notre monde actuel des conséquences désastreuses : de nombreux chauffeurs sans emplois, ainsi que toutes les activités autour de ces transports, car le robot ne s'arrête ni pour déjeuner ni pour dormir.
Si les robots nous remplacent, produisant plus de richesses, mais que chaque humain doit encore travailler tous les jours pour subvenir à ses besoins, nous allons au devant de graves ennuis, car le robot ne cotise pas, et les humains entreront dans une compétition impitoyable pour la survie.
Si cette richesse pouvait être partagée plus équitablement à la manière d'un RU, l'automatisation serait une bonne nouvelle pour tout le monde.

L'échec des aides sociales

Nous pouvons constater aujourd'hui que les aides sociales remplissent très mal leur rôle. Il y en a tellement que même les professionnels s'y perdent. Le bilan du RSA est décevant[3], et il est certain qu'un RDB serait beaucoup plus efficace[4] pour subvenir aux besoins des plus démunis.
Par ailleurs, la perte des aides sociales pousse les bénéficiaires à ne pas chercher d'autres activités remunérées, ce qu'on appelle les "trappes à inactivité". Le RDBU élimine ce phénomène contre-productif.

Une communauté

De par la disparité des montants monétaires nécessaires à une vie digne dans le monde, le RDB est lié à un espace géographique restreint, une communauté. Ce montant ne serait pas le même au Vietnam, en Suisse et en France.
Le RDB que touche un individu doit donc dépendre de l'endroit où il vit, et non pas l'endroit d'où il vient.

Même les riches ?

Même les riches touchent le RDBU. L'inconditionnalité est une force majeure supprimant toutes formes d'administration, de contraintes, lois, répressions iutilement coûteuses. Néanmoins, pour le financement de ce genre de revenu, il est tout à fait envisageable d'augmenter l'impôt sur les revenus des plus fortunés, contrebalançant ainsi la perception de ce revenu.

Intouchable

Le RDB est versé parce que l'individu a le droit de vivre dignement. Par conséquent ce montant ne peut en aucun cas être préempté. Que l'individu soit prisonnier, couvert de dettes et de crédits, c'est toujours un être humain qui a le droit de vivre dignement.
Bien entendu, il est tout à fait envisageable de contracter un crédit sur une partie du RDB afin de devenir proprétaire d'un logement, car le RDB doit couvrir le logement, qui est un besoin de base.

Histoire

Il y a longtemps...

Thomas Paine[5] 1737-1809 : un intellectuel franco-anglo-américain qui a participé à l'indépendance des colonies britanniques en Amérique du Nord et à la Convention en France pendant la révolution.

Thomas Paine

"les hommes n'ont pas créé la Terre. C'est la valeur des améliorations uniquement, et non la Terre elle-même, qui doit être la propriété individuelle. Chaque propriétaire doit payer à la communauté un loyer pour le terrain qu'il détient"

Justice Agraire (1795)[6]

Voltaire en parle aussi dans son conte "L'homme aux quarante écus"[7] (1768). Pour avoir une idée de ce principe à l'époque révolutionnaire, lisez "Thomas Paine, l'allocation universelle et le principe de révolution"[8] de Yannick Bosc. L'idée d'un RU ne date donc pas d'hier.
Concernant le RDB on peut trouver des idées de proto-RDB[9] dans des documents anciens : offrir une base de revenu comme condition à la conscription et l'impôt. Néanmoins le RDB est une idée relativement récente, un nouveau droit issu d'une progression continue de la productivité. Aujourd'hui nous avons largement les moyens de couvrir les besoins de tout le monde.

Il y a moins longtemps...

Clifford Hugh Douglas[10] proposa dans "Crédit social"[11] dans les années 1920 de mesurer la croissance et de la distribuer à tous les citoyens, un système monétaire plus pertinent à ses yeux que la création monétaire par le crédit.
Milton Friedman[12] - que l'on peut qualifier de libéral extrémiste - défendait l'idée d'un RU afin d'éviter les effets pervers d'une montagne d'aides sociales incompréhensibles.
Une expérimentation[13] de RDB très intéressante a eu lieu à Dauphin, au Canada, entre 1974 et 1979, avec des résultats suprenants, principalement une très faible désincitation au travail.

Aujourd'hui

En Inde une expérience de "Cash Transfer"[14] a démontré que le principe de RDB est très efficace dans les milieux de grande pauvreté. Bien plus efficace que le micro-crédit ou les aides sociales conventionnelles.
Dans la même veine un projet pilote à Otjivero[15] en Namibie avec, à nouveau, des effets très encourageants[16].
En Iran les gouvernants voulaient mettre fin au florilège de subventions sur les prix en transférant l'argent directement à la population. Comme ils n'ont pas réussi à s'entendre sur les conditions de versement, ils ont décidé de le rendre inconditionnel[17]. Le principe étant de subvenir aux besoins de base, il s'agit bien d'un RDB.
Le 4 Octobre 2013 une initiative populaire en Suisse pour un revenu de base a formellement abouti[18]. En 2016 le peuple Suisse pourra voter pour ou contre l'instauration d'un revenu de base dans le pays.
Le principe de RU/RDB est en fait plus répendu qu'on ne l'imagine[19].

Conséquences

Les conséquences d'un RDBU sont difficiles à cerner, car les implications positives et négatives ont elles mêmes d'autres implications. Partons du principe que le montant soit suffisant pour la base : un toit, des vêtements, de l'énergie, à manger et à boire et voyons les conséquences directes ou indirectes.

Fin de la pauvreté

Nous avons éradiqué la pauvreté. Les gens à la rue sont les immigrés clandestins, les gens qui ont choisis ce mode de vie et ceux qui dilapident leur RDB de manière compulsive. Ils ne sont pas nombreux et il est plus simple de leur venir en aide.
Le voeu de Coluche sera exaucé : les restos du coeur fermeront.

Confiance dans l'avenir

L'incertitude financière, en fait l'incertitude de pouvoir couvrir les besoins de base pousse à prendre des décisions qui ne sont pas forcément les plus pertinentes ou les plus courageuses. Viennent alors les mauvais choix par peur de pire, souvent de façon irrationnelle.
Avec le RDB, cette peur disparaît.

Des études toute la vie

Avec le RDB, les étudiants pourront suivre les études qu'ils désirent. Ils ne seront pas obligé de faire 3 boulots, et les bourses d'études deviennent inutiles. Le terme "étudiant" ne sera d'ailleurs plus synonyme de "jeune" dans la mesure où toutes les tranches d'âge pourront retourner sur les bancs des universités.

Émancipation du jeune adulte

A la majorité, le jeune adulte touche son RDB plein et entier, il peut quitter sa famille pour s'intégrer plus rapidement ou poursuivre des études où bon lui semble. Ou même entrer de plein pied dans le monde du travail employé, ou encore entreprendre.
Pour aller plus loin il est même envisageable qu'un mineur soit libre d'accéder à ce revenu dès 14 ans par exemple.
Une indépendance plus précoce, une intégration dans la société plus rapide et plus sûre.

Une politique familiale juste

Comme les enfants touchent une partie de RDB, un parent seul pourra choisir d'élever son enfant sans la nécessité de travailler.
Même les familles nombreuses s'y retrouvent.
On n'a plus besoin des allocations familiales, parce que le RDB est la meilleure politique familiale qui soit[20]. Le métier de "parent au foyer" est reconnu.

Le chômage disparaît

La notion de chômage n'existe plus, elle n'a plus aucun sens, car l'emploi n'est plus le centre du revenu. On peut donc imaginer que la cotisation au chômage participe désormais au financement du RDB.

Moins de bureaucratie

La simplification administrative, c'est moins de locaux, moins de fonctionnaires, moins de procédures, moins de bureaucratie[21], c'est à dire des économies non négligeables sur des activités qui fondamentalement n'apportent rien.

Bras de fer équilibré avec l'entreprise

L'un des points forts du RDB, c'est la révision du rapport de force dans la négociation du contrat de travail. L'employeur peut certes proposer moins en sachant que l'employé perçoit un RDB, mais un travail pénible et contraignant aura peu de chance d'être accepté pour un salaire dérisoire.
Il n'y a pas que le salaire. Aujourd'hui un candidat doit montrer sa motivation, et se battre avec des concurrents pour obtenir un poste. Avec le RDB, la rencontre entre employeur et employé se fera pour déterminer si le travail en commun apportera à tous. Vous pourrez jeter vos lettres de motivations, à moins que votre employeur n'en écrive aussi.
L'avantage n'est pas que du côté de l'employé. En Effet, si un candidat se présente à un poste, l'employeur peut être sûr d'avoir un volontaire en face de lui, et non pas un survivant finalement peu intéressé par l'activité.

Code du travail simplifié

Il est indispensable de protéger un employé dont le salaire lui permet de vivre. Mais à partir du moment où cet employé dispose d'un revenu assuré même en cas de licenciement, nous pouvons simplifier le code du travail en terme de licenciements. Les syndicats ont toujours un rôle à jouer car dans les grandes entreprises le candidat à un poste n'a pas forcément une bonne compréhension d'un contrat avec l'entreprise.

Disparition de l'esclavage moderne

Si un individu est forcé d'accepter un travail ingrat et dangereux tout juste suffisant pour permettre à sa famille de survivre, nous ne sommes plus très loin de l'esclavage[22][23]. Il n'y a pas de chaîne d'acier mais il n'y a pas vraiment de liberté.
Le RDB protège la dignité de l'être humain dans le besoin.
Le cas typique est le nettoyage de la saleté des autres. Certaines personnes se permettent de salir "parce que des gens nettoient". Imaginez un monde où plus personne n'est forcé de travailler pour survivre, ce genre de poste ne trouvera preneur qu'avec un fort salaire et de bonnes conditions de travail. Il s'ensuit une prise de conscience sur la nécessité de salir le moins possible car celà coûte cher. Les mairies mettront certainement en place des amendes dissuasives pour les contrevenants qui salissent l'espace publique.

Travail de nuit, travail le dimanche

Prenez tous les débats sur le travail le dimanche ou le travail de nuit, avec toutes les dérives imaginables[24] : Nous avons le devoir de protéger les employés faussement volontaires de ces conditions de travail. Car oui personne ne peut nier que les plus démunis sont prêt à accepter n'importe quoi pour avoir un revenu de survie. Et pourtant dans le même temps certaines personnes, beaucoup moins nombreuses, peuvent s'épanouir dans ces rythmes là. Par choix de vie, ou pour le meilleur salaire. La frontière est impossible à délimiter, c'est un casse tête insoluble de façon juste pour tous.
Avec le RDB vous pouvez rayer ces problèmes, simplement parce qu'ils n'existent pas. Un métier est choisi. Une activité dangereuse doit revoir ses systèmes de sécurité ou mourir. Un métier dégradant ne trouve preneur que moyennant un (très) bon salaire et de bonnes conditions de travail. Mais surtout il existe toute une panoplie de rythme de travail (temps partiel, semaine de 3 jours, journée de 6 heures, etc.), négocié sur un pied d'égalité et prenant en compte les besoins de chaque individu et de l'entreprise.

Un monde d'entrepreneurs

Le RDB joue le rôle d'un formidable filet de sécurité financier et psychologique dans la prise de risque. Ce système permet de libérer l'esprit d'entreprise, le territoire dans son ensemble est une pépinière d'initiatives, inégalée dans le monde.

Tous propriétaires

Il devient urgent de donner un toit à tout le monde[25]. Or le RDB doit couvrir le logement. Il est inconditionnel et à vie. Celà implique qu'un individu est solvable dans tous les cas de figure, à vie. Une banque n'a donc plus aucune raison de refuser un crédit propriétaire, y compris avec de très faibles mensualités et sur de longues périodes, en recevant un paiement directement prélevé à la source.
Concrètement, de la province à la banlieue parisienne nous avons en France des prix qui vont de 1'500 à 5'000 € pour le m². Ce qui donne pour un 40m² de 60'000 € à 200'000 €, donc entre 20 et 60 ans de crédit pour des mensualités de 250 €. Pour une personne seule. Car en couple ou avec une famille l'économie d'échelle facilite le paiement. Par la seule présence du RDB, le coût mensuel du logement vient de chuter à 200-300 € par mois tout en devenant propriétaire. Pour tout le monde.
Voilà comment le montant nécessaire du RDB est moins important qu'il n'y paraît, par sa seule existance.

Apaisement dans les bassins d'emplois

Aujourd'hui la contrainte de l'emploi de survie fait augmenter la concentration dans les bassins d'emploi, et l'automatisation galopante ne fera qu'empirer les choses. Embouteillages, compétition, loyers qui explosent...
Avec le RDB, c'est toutes les économies locales qui pourront redémarrer par la simple présence des individus. Sans l'obligation d'un emploi, la tension dans les grands centres urbains s'apèsera et nous assisterons à des fluxs migratoires vers la campagne avec de nouvelles activités individuelles.

La retraite dès la naissance

Comme les chômeurs, les retraités n'existent plus. En fait nous devenons tous des retraités dès la naissance. Terminé les longs débats sur l'âge légal de la retraite ! Vous souhaitez travailler jusqu'à 80 ans ? Ne vous gênez pas. Vous avez trop donné dans un travail pénible ? Arrêtez à 40 ans, ou changez de métier.
Comme pour les cotisations chômage, les cotisations retraite pourraient participer au financement du RDB.
Prenons une idée très caricaturale : les retraités et le jardinage. Imaginons un monde où nos anciens se voient proposer des travaux compatibles à leur âge avancé, tant en matière de santé que de rythme de travail. Par exemple, donc, le jardinage, sauf qu'au lieu de faire ça seul dans leur jardin, ils le font en commun dans les jardins publics, avec des contrats à l'heure, quand ils le souhaitent, 24h/24 7j/7. Cette activité reste choisie, il n'est pas question de forcer qui que ce soit, et rémunérée bien entendu. Ainsi nos aînés conserveront le sentiment d'utilité et resteront en contact avec le reste de la population, principalement les jeunes enfants qui fréquentent le parc.

Les activités non remunérées reconnues

Le bénévolat, les associations, les actes d'altruisme sont autant de "travaux" qui ne sont pas rémunérés. Le RDB fait en sorte que ces activités soient reconnues pour ce qu'elles apportent à notre société. Nous en profitons tous, et elles font partie de la richesse commune.
La solidarité est impossible à quantifier individuellement en monnaie, mais le revenu de base permet néanmoins de valoriser ces activités.
Il y a fort à parier que grâce au RDB les associations trouveront plus facilement des bénévoles et des fonds.

Santé globale améliorée

Face à une plus grande exigence en matière de condition de travail, avec la possibilité de quitter un emploi destructeur, il y a moins de stress, moins d'expositions dangereuses, la santé de la population, globalement, sera améliorée[26]. C'est une donnée qui a été démontrée avec le programme Mincome[26].

Explosion culturelle

Nous savons que le début de carrière de l'artiste est toujours difficile, parce qu'il doit construire sa renommé et affiner l'expression de son talent. Le RDB permet de mieux supporter cette phase délicate qui en détourne plus d'un de la voie artistique[27]. C'est une société avec plus de dessinateurs, peintres, sculpteurs, écrivains... l'offre culturelle augmente, et la demande aussi car les gens peuvent y consacrer plus de temps et s'investir en amateur.
Par ailleurs le RDB est la solution idéal au problème des intermittants du spectacle. Ne l'oublions : un jour nous serons tous des intermittants de l'emploi, automatisation oblige.
Mais le plus important c'est que la culture redevienne l'initiative des individus. En conséquence de quoi la culture sous perfusion (et copinage) peut disparaître.

L'orientation industrielle

On imagine facilement l'impact qu'aurait le RDB sur sa propre vie, et plus précisément sur son activité professionnelle : renégocier son contrat pour une activité plus intéressante, changer de carrière pour un travail qui a plus de sens, etc. Certains vont même jusqu'à estimer leur participation à la vie collective plus pertinente lorsqu'ils sont au chômage[28].
On imagine moins l'impact macro-économique. Aujourd'hui, c'est principalement le capital qui choisi l'orientation des activités de la population, car celle-ci, dans sa majorité, doit trouver un emploi pour vivre, elle prendra ce qu'on lui propose. Le capital, par nature, va favoriser le profit, à plus ou moins long terme, avec les dégâts que l'on connaît sur la santé, l'écologie, les infrastructures communes, etc.
Avec le RDB c'est la population qui va décider naturellement de l'orientation globale des activités, simplement en créant de nouvelles activités et en refusant les plus destructrices.

Un siècle des lumières

Il y a 300 ans une petite partie de la population française était rentière, bourgeoise ou aristocrate. Une petite partie de cette petite partie se passionnait pour la connaissance et la recherche. Ils pouvaient car ils n'avaient pas besoin de trimer 12h par jour. Ils ont lancé le mouvement des lumières qui a permis de grandes avancées scientifiques.
Imaginez maintenant ce qui se passerait si la population dans son ensemble devenait rentière. Même si une petite partie d'une petite partie se met à se former et à se consacrer corps et âmes à la recherche, l'innovation, les découvertes, l'exploration, l'expérimentation, que les passionnés amateurs envahissent les universités, nous obtiendrons immanquablement une nouvelle ère de lumières.

La démocratie

Probablement l'effet induit qui me tient le plus à coeur. Avec le RDB, la population aura la possibilité de libérer du temps pour ce qui est vraiment important, et entre autres choses la Politique, avec un grand "P", c'est à dire la concertation, le débat et la prise de décision responsable, bref son sens noble.
Le RDB est avec Internet l'outil qui pourrait favoriser l'émergence d'une véritable démocratie[29].

Le côté obscure

Le RDB est un outil libéral... et communiste

Le communisme implique la popriété publique des moyens de production, le libéralisme prône un maximum de liberté, limitant les obligations sociales.
Le RDB est les deux et aucun des deux. C'est du libéralo-communisme de Schrödinger. Il s'agit bien d'une mise en commun de la richesse des moyens de production, tout en gardant le concept de propriété lucrative. Il s'agit de donner des libertés nouvelles, de simplifier les obligations sociales, de limiter le rôle de l'Etat dans l'économie, mais tout en ponctionnant une bonne part de la richesse pour la redistribuer.
Comme le disait très justement Jacques Marseille[30], le RDB est une voie libérale vers le communisme.

Plus personne ne travaillera

Il s'agit d'une réaction de bon sens quand on entend parler pour la première fois de cette idée. En effet sans la nécessité de survie, pourquoi les gens iraient travailler ? A partir de là il faut distinguer les travaux en question. En effet, comme le dit Charles Eisenstein[31], un individu n'a pas besoin de l'argent pour être motivé à travailler, quand ce travail fait sens, quand il apporte quelque chose, quand il est gratifiant socialement et personnellement.
L'individu n'est prêt à sacrifier son temps et sa santé pour une activité dangereuse, vide de sens, rébarbative, uniquement s'il est poussé par la survie ou le désir de consommation. Toute la question est de savoir s'il est important de se battre pour ce travail forcé, ou si, finalement, tous ces travaux que l'on ne voudrait pas faire soi même ne devraient pas être revalorisés ou tout simplement disparaître.
Le programme Mincome[31] est assez éclairant sur le phénomène : 1 % des hommes, 3 % des femmes mariées et 5 % des femmes non mariées ont arrêté de travailler après la mise en place de l'allocation. Une très faible désincitation au travail donc.

Un rêve trop cher

Le financement du Revenu de Base est une question clé pour tous ses détracteurs. C'est en fait une question secondaire : Au 18è sicèle, l'abolition de l'esclavage était une nécessité morale, les conséquences économiques (bien réelles !) étaient secondaires. Il en est de même pour le Revenu de Base : nous devons le mettre en place, aux économistes de nous trouver les meilleurs pistes, car globalement, en terme de richesses nous produisons largement assez.
Le montant du Revenu de Base doit être fixé, et révisé, par la communauté que ce revenu concerne.
Sans compter toutes les économies que pourraient apporter un RDB, sans compter les gains en TVA qu'apporterait ce revenu supplémentaire, sans compter tous les changements induits qui diminueraient le coût de la vie (voir le logement plus haut), il existe plusieurs pistes cumulatives de financement[32] :

1. Un financement par l'impôt ou la cotisation, sur le revenu par le principe de la CSG.
2. Un financement par des taxes sur la consommation, comme la TVA, de façon à ce qu'un produit soit taxé de la même manière, qu'il soit fabriqué par des individus ou des machines.
3. La récupération de prestations sociales devenus inutiles.
4. La récupération de certaines cotisations comme le chômage et la retraite.
5. Une révision partielle ou totale de la création monétaire. Au lieu de laisser les banques privées créer la monnaie par le crédit, on distribue directement la monnaie créée.
6. La récupération de certaines taxes et impôts comme la justice foncière préconisé par Thomas Paine.
7. La récupération d'impôts et taxes sur le patrimoine et le capital.
8. La distribution de la vente de matière première, ce qui ne concerne pas trop la France mais beaucoup d'autres pays.
9. Des nouvelles taxes bien spécifiques, comme la taxe carbone ou la taxe sur les transactions financières.

Inflation

Le revenu risque de provoquer une inflation lors du changement du système, mais il n'est pas inflationniste par nature[33] puisqu'il ne fait que redistribuer autrement ou créer de la monnaie autrement, à aucun moment il n'a pour vocation de déséquilibrer le besoin de monnaie et sa création.

Un vrai danger

Ne nous leurrons pas : les crapules qui gouvernent sont parfaitement capable de déformer les principes fondamentaux du RDB et en faire un outil électoral. Le danger est bien réel de voir arriver un RDB qui n'aura de RDB que le nom. Car si un RDB au montant ridiculement faible est distribué et que les décideurs en profitent pour supprimer toutes les aides sociales les classes les plus défavorisées se retrouveront dans une situation bien pire.
Nous avons déjà vu ce principe fourbe à l'oeuvre avec le Référendum d'Initiative Populaire[34], qui n'est pas du tout à l'initiative de la population.

Aller plus loin

Mouvement Français pour un Revenu de Base

Vous trouverez toutes les informations que vous souhaitez sur le site du Mouvement Français pour un Revenu de Base :
http://revenudebase.info/

Le Salaire à Vie

Le Salaire à Vie de Bernard Friot est un concept passionant bien plus poussé qu'un "simple" RDB, nous faisant passer de la proprété lucrative à la propriété d'usage.
http://www.reseau-salariat.info/

Références

[22] : Amazon
[25] : SDF
[27] : RDB et Art
[30] : Communisme

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